23 avril 2018

Chris Dolan, "Une femme infréquentable" : Glasgow, ville monde

Vous n'allez pas le croire... Voici un nouvel auteur de polar écossais. Pas vraiment un débutant, puisque Chris Dolan a déjà écrit plusieurs romans, ainsi que de nombreux épisodes de la légendaire série policière Taggart, qui battit tous les records de longévité (1985 - 2010). Une série qui se déroulait... à Glasgow bien sûr. Néanmoins, Une femme infréquentable est son premier roman policier, et il y a mis à profit tout son savoir-faire de romancier et de scénariste.

Nous sommes donc à Glasgow, de nos jours. Maddy Shannon, substitut du procureur, vient de débarquer sur les lieux du crime, perchée sur des talons hauts qui s'enfoncent dans l'herbe humide de Kelvingrove Park, boudinée dans sa jupe trop courte et trop serrée... Il faut dire que sa nuit a été courte et peu réparatrice. 

19 avril 2018

Valerio Varesi, l'interview en roue libre autour des "Ombres de Montelupo"


Valerio Varesi vient de publier en France la troisième enquête du commissaire Soneri, Les ombres de Montelupo (voir chronique ici). Au lendemain de sa participation à Quais du polar, il était de passage à Paris pour rencontrer ses lecteurs à la Librairie de Paris. L'occasion de l'attraper au vol et de lui poser quelques questions. Un grand merci à lui d'avoir pris la peine de répondre en un français parfait, modulé de son musical accent italien.

15 avril 2018

Alan Parks, l'interview en roue libre

Avec Janvier noir, son premier roman qui se déroule à Glasgow dans les années 70 (voir la chronique ici), Alan Parks semble bien faire l'unanimité. Il était présent à Quais du polar, c'était donc le moment ou jamais de faire plus ample connaissance. L'homme est étonnamment truculent et drôle, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre de l'auteur d'un roman très noir, très violent... et très réussi.

Janvier noir est donc votre premier roman.
Oui. Je suis rentré à Glasgow il y a 5 ou 6 ans, et j'ai pris des cours du soir sur l'histoire de Glasgow. Dans ce cadre, je me suis baladé dans la ville, et j'ai retrouvé avec émotion des lieux que j'avais connus quand j'étais petit. Au départ, j'avais dans l'idée d'écrire un livre sur l'histoire de Glasgow.  Et je me suis vite rendu compte que c'était trop difficile. Alors je me suis mis à écrire en incluant les lieux que j'avais connus, ceux qui existaient encore, ceux qui n'existaient plus, et j'ai construit mon histoire à partir de ça. 

Jérôme Leroy, "La Petite Gauloise" : dystopie or not dystopie ?

C'est à travers ses nouvelles que j'ai fait la connaissance de Jérôme Leroy, il y a... quelques années. Le recueil s'appelait Une si douce apocalypse (voir la chronique ici, si vous êtes curieux) et c'est lui qui a déclenché un attachement qui ne s'est jamais démenti, avec les romans de la Série noire (Le Bloc et L'Ange gardien), ceux parus à la Table Ronde (Jugan, Un peu tard dans la saison) et bon nombre d'incursions dans la bibliographie antérieure de l'auteur. C'est donc avec beaucoup de plaisir que j'ai ouvert cette novella. L'homme surgit là où on ne l'attend pas toujours - en littérature jeunesse, en "ressuscitateur" de Léo Malet, en redécouvreur de talents oubliés. 

Fidèle à lui-même mais jamais là où l'attend, voilà qui le définit parfaitement. Fidèle à lui-même, Jérôme Leroy l'est plus que jamais avec La Petite Gauloise : récit tout juste dystopique, lieu à peine imaginaire... La ville  - un port de l'ouest en état de désastre économique - dont il est question est dirigée par une équipe du Bloc patriotique. Vous frémissez ? Vous avez raison, car La Petite Gauloise commence sur les chapeaux de roue par une magnifique bavure : l'élimination par le brigadier Richard Garcia, de la police municipale, du capitaine Mokrane Méguelati, de l'antenne régionale de la DGSI. Une balle de calibre 12 en pleine tête, ça ne pardonne pas. Il faut dire que l'heure est à l'inquiétude, voire à la paranoïa, dans la ville portuaire de l'ouest. Terrorisme, islamisme, taux de chômage galopant, dealers dans les halls d'immeubles : tous les ingrédients sont là pour créer une atmosphère pour le moins délétère, tout est réuni pour favoriser l'arrivée à la mairie du Bloc patriotique.

11 avril 2018

Ian Rankin, l'interview en roue libre cuvée 2018

Ian Rankin by Maryan Harrington
Inutile de mentir, personne ne me croirait. La présence de Ian Rankin à Quais du polar n'a pas été pour rien dans mon déplacement à Lyon cette année. Beaucoup d'actualités, encore plus de projets, cet homme-là ne s'arrête jamais. Deux publications en France cette année, pour fêter ses 20 ans aux éditions du Masque : une nouvelle enquête de John Rebus, Le diable rebat les cartes (voir la chronique ici) et un généreux recueil de nouvelles, The Beat Goes On, qui permettra aux nouveaux lecteurs de parcourir, dans l'ordre chronologique, la vie de John Rebus, et aux amateurs de faire la connaissance d'un Ian Rankin nouvelliste surprenant et multiple. Côté projets, Rebus au théâtre avec une pièce, Rebus : Long Shadows qui sera montée pour la première fois à Birmingham en septembre, avant de tourner au Royaume-Uni. Une toute nouvelle histoire de Rebus écrite par Ian Rankin et adaptée pour la scène par Rona Munro. Et puis Rebus de retour en librairie avec un nouveau roman, la 22e enquête, In a House of Lies, à paraître en octobre. Les sujets de conversation ne manquent pas. Commençons par le projet de série télé. Et par un grand merci à Ian Rankin pour son temps et sa générosité.

Quais du polar 2018, 90 000 visiteurs sous le soleil lyonnais


Voilà, les Quais du polar, c'est terminé pour cette année. Une fois la fatigue évacuée, les brumes dissipées, c'est le moment des bilans. Gros succès, cette année encore, avec 10 000 visiteurs de plus que l'année dernière - 90 000, belle réussite, malgré les grèves. Pour les auteurs, un moment fort, et l'agréable sensation que cette multitude de lecteurs venus à leur rencontre éprouvent une véritable curiosité et ne se contentent plus d'aller faire signer leur livre aux quelques stars présentes. C'était en particulier le cas de Valerio Varesi, enthousiasmé par la passion des lecteurs et leur intérêt sincère pour les romans italiens qui tenaient la vedette cette année. Rencontrer les lecteurs, les autres auteurs, intervenir dans des salles superbes, au cœur d'une ville magnifique : on comprend un tel enthousiasme. Ian Rankin, de son côté, se réjouissait que tant de jeunes lecteurs soient venus le voir, parler avec lui.  

Côté public, un vrai succès aussi, avec des conférences archi-complètes et une forte participation aux différentes manifestations. Un seul bémol : la difficulté éprouvée à assister, justement, à ces conférences, même en s'étant procuré le "pass" supposé vous assurer des places pour peu que vous soyez là 30 mn avant. Certains spectateurs ont fait la queue, leur pass à la main, et n'ont pas pu entrer. Sans doute le beau temps a-t-il contribué à leur indulgence : la déception semblait globalement plus forte que la colère. Quelques photos souvenirs. Et pour réécouter les conférences, c'est par ici.

Hannelore Cayre

Mimmo Gangemi, Valerio Varesi et Deon Meyer

Pierre Fourniaud et François Médéline

Ian Rankin, Alan Parks et Alain Léauthier



Alan Parks

Christine Ferniot et Ian Rankin


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